Dogma en Italie retrace deux années d’expositions de la série photographique d’Aurélien Villette avec la Camilla Prini Gallery. Entre 2024 et 2025, le projet a été présenté dans plusieurs villes italiennes, de Milan à Parme, Vérone, Rome et Bologne. Cette succession d’expositions et de foires a permis de montrer Dogma dans des contextes très différents : l’espace intime d’une galerie, les grands formats d’une foire internationale, le dialogue avec la sculpture ou encore l’architecture historique de lieux temporairement transformés en espaces d’exposition.
Commencée en 2010, Dogma rassemble des photographies de lieux de culte rencontrés au cours de voyages et d’explorations. Églises, mosquées, synagogues, monastères et temples y apparaissent comme les témoins fragiles des transformations politiques, sociales et territoriales. Ces édifices ont été construits pour transmettre une foi et traverser le temps, mais leur abandon rappelle que rien n’est immuable.

Dogma à Milan au printemps 2024
Du 9 avril au 17 mai 2024, la Camilla Prini Gallery, alors connue sous le nom d’Arte in Salotto, a présenté à Milan une exposition personnelle consacrée à Dogma. Installée via Milazzo, dans le quartier de Brera, elle réunissait des photographies de moyen et grand format, dont plusieurs images encore peu montrées au public.
Dans l’atmosphère domestique de la galerie, l’accrochage permettait d’observer les traces laissées dans les architectures : peintures murales, iconostases, colonnes, voûtes endommagées ou la végétation pénétre lentement dans les édifices. Ces ruines ne se donnent pas seulement comme des vestiges, mais comme les traces sensibles d’un territoire et des vies qui l’ont traversé.

Au même moment, une sélection de la série était présentée à la treizième édition de MIA Photo Fair, du 10 au 14 avril 2024 au MiCo Milano Congressi. Sur son stand, la galerie réunissait les travaux d’Alessandro Piredda, Keila Guilarte et Aurélien Villette.

Photographies et sculptures à Parme
Du 22 mai au 31 juillet 2024, l’exposition Villette & Chiarenza a prolongé ce parcours au Borgo del Gallo nº 6, dans le centre de Parme.
Les photographies étaient présentées aux côtés des sculptures de Marcello Chiarenza. Le dialogue entre les deux artistes s’organisait autour du voyage, du sacré et de la mémoire. La photographie enregistrait les architectures et les traces d’une histoire réelle, tandis que les sculptures introduisaient une dimension plus symbolique.
Présenter ces œuvres dans un lieu lui-même inscrit dans un quartier en transformation établissait également une relation entre les bâtiments photographiés et l’espace qui les accueillait.

ArtVerona et les foires italiennes
À l’automne 2024, plusieurs œuvres de la série Dogma ont rejoint le stand de la Camilla Prini Gallery à ArtVerona, organisé du 11 au 13 octobre. Elles étaient intégrées à une présentation collective réunissant différents artistes représentés par la galerie.
L’année 2024 s’est poursuivie avec une présentation à Roma Arte in Nuvola, du 22 au 24 novembre, où la galerie réunissait les œuvres de plusieurs artistes, dont des photographies de Dogma.

De MIA Photo Fair à Rome en 2025
La collaboration s’est prolongée en mars 2025 lors d’une nouvelle participation à MIA Photo Fair. La Camilla Prini Gallery y présentait les photographies d’Aurélien Villette aux côtés du travail de Laurent Chéhère.
À cette occasion, la photographie Dogma – Moschea Meshek 2, réalisée en Géorgie en 2018, a été acquise par Fiere di Parma pour intégrer sa collection permanente.
Quelques jours plus tard, du 31 mars au 5 avril 2025, Dogma était présentée à Rome. L’accrochage retrouvait une échelle plus intime, dans un lieu ouvert sur un jardin et inscrit dans l’architecture ancienne de la ville.
Le parcours italien de la série s’est poursuivi à l’automne avec une exposition personnelle à la Galleria Forni de Bologne, organisée du 18 septembre au 11 octobre 2025 en collaboration avec la Camilla Prini Gallery. Dix photographies de grand format y réunissaient différentes architectures religieuses abandonnées et les histoires attachées à leur transformation.
Faire circuler la mémoire des lieux
Faire circuler la mémoire des lieux sur un support physique, c’est donner une présence durable à ce que le temps et de multiples forces altèrent, loin du flux des images qui apparaissent et disparaissent sur les écrans.
Chaque photographie ouvre une question plus qu’elle n’impose une réponse : que disent ces ruines de notre rapport à la terre, à l’histoire, aux croyances et aux hommes qui nous ont précédés ?
En les faisant voyager d’un regard à l’autre, l’image prolonge leur disparition et rappelle la brièveté de notre passage dans le monde.

Pour aller plus loin quelques articles :
–Dogma Arte in Salotto DI CAMILLA PRINI
–Dormire tra le rovine. Per cogliere la loro spiritualità – Corriere della Serra
–Dogma in ArtTribune
–La série Dogma

