L’esprit du lieu : démarche d’un photographe d’architecture et de ruines

L’architecture, une concrétisation de notre existence

Je suis devenu photographe d’architecture en 2012, grâce au concours SFR Jeunes Talents avec la sére Structures et Déstructres. Depuis, mon travail s’est construit autour de l’esprit du lieu en photographie : une manière d’approcher l’architecture comme une concrétisation de notre existence. Mon regard se porte aussi bien sur les lieux fonctionnels que sur les ruines et les bâtiments abandonnés. En photographiant ces espaces où l’empreinte humaine demeure omniprésente, j’essaie de transmettre mes pérégrinations à celles et ceux qui découvrent mes images, à travers ce que j’appelle l’esprit du lieu, ou « Spirit of Place ». Les lieux peuvent résonner avec l’actualité ou l’Histoire ; ils reflètent aussi ce que j’ai cherché à découvrir par le voyage, ce que j’y ai aimé et ce qui m’a parfois permis d’aimer de nouvelles choses.

Plus qu’une envie ou un loisir, la vie bercée par les voyages est pour moi une évidence, un besoin perpétuel et indispensable à mon équilibre. Ces photographies jalonnent mon parcours de voyageur avide de découvertes et d’émerveillement.

Itinérance et quête d’équilibre

Être proche de ses émotions et de ce qui nous entoure, vivre au jour le jour… les préoccupations du nomade sont pragmatiques : Quel chemin emprunter ? Où sera-t-il possible de planter la tente ? Va-t-il pleuvoir ce soir ? Sera-t-il possible de faire un feu ? Ces habitudes presque rituelles et qui peuvent sembler marginales, permettent au voyageur d’être connecté avec son environnement immédiat. S’il est alors à la merci des affres de la nature, il peut aussi s’offrir une chance d’admirer le soleil se coucher puis se lever sans être entravé par les remparts physiques que le quotidien sédentaire bâtit entre la Nature et l’Homme. Dans mon cas, l’extrême flexibilité permise par le voyage vient également servir un objectif photographique : et si je dormais sur le toit de cet immeuble pour prendre des photos nocturnes de la ville ?

Chacune de mes itinérances débute par une phase d’adaptation afin d’apprivoiser l’immédiat et ses imprévus. Un temps d’adaptation m’est également nécessaire lors du retour. Car malgré le confort qu’il peut apporter, le quotidien moderne / urbain manque de flexibilité et ses obligations nous maintiennent dans une forme de torpeur psychique. Le mode de vie nomade me permet d’entretenir mon lien entre la terre et la société, d’avoir conscience de ces deux mondes en trouvant mon propre équilibre et en témoignant de ma sensibilité à travers la photographie.

Tente éclairée de nuit dans un paysage enneigé du Puy Pariou, sous un ciel étoilé, Massif central, hiver 2021.
Une nuit sous tente au Puy Pariou, dans le froid du Massif central, France – 2021

Quand le réel nourrit l’imaginaire

Largement inspiré du mouvement romantique, je cherche dans les voyages itinérants à me rapprocher de mes aspirations et de mes émotions. Les contingences de notre société et ses besoins de projection perpétuelle m’éloignent régulièrement de ces ressentis.

Sans chercher à fuir la réalité, mon invitation au voyage joue également avec la frontière d’un possible imaginaire. J’essaie de le retranscrire à travers l’esthétique de mes photographies, des ouvertures, des possibilités, des inconnus, de la lumière. Ces photographies ponctuent chaque étape de ma vie depuis 15 ans entre aventures, interrogations, imprévus et parfois même sujet spécifique : elles constituent en elles-mêmes mon Voyage. Ce cheminement est guidé par ma volonté d’ouvrir le chemin des possibles : il souhaite inviter à l’introspection et aux questionnements sur la nature et le sens de notre existence.

À mon tour de vous souhaiter un bon Voyage.